Drieu Godefridi quitte le "Journal du Mardi"

Communiqué de l'Institut Hayek, 25 février 2006, 17.12
Drieu Godefridi quitte le "Journal du Mardi"
Drieu Godefridi quitte le "Journal du Mardi"
Rétroactes.
Il y a deux mois, Laurent Arnauts, le directeur de la rédaction du "Journal du Mardi", hebdomadaire bruxellois de gauche, contacte le directeur de l'Institut Hayek pour lui proposer de tenir un "bloc-notes" dans ses colonnes.
Ce que D. Godefridi accepte; il intitule sa chronique "bloc-notes intempestif".
Or donc, L. Arnauts contacte cette semaine D. Godefridi pour lui demander d'apporter des aménagements au texte de son dernier billet. Réponse de D. Godefridi :
Cher Laurent,
Le sujet traité cette semaine me tient trop à cur pour que je retire ce billet.
Je suis d'ailleurs tout disposé à débattre de chacun de ses termes, publiquement ou non, avec le contradicteur que vous voudrez me désigner; votre message prouve qu'un tel débat rationnel est possible.
Je mesure ce que ce billet peut avoir de provocant pour votre rédaction et votre lectorat. Bien sûr, je pourrais en modifier la teneur, approfondir la question de la "complaisance" européenne à l'égard de Castro et gommer la référence à Pinochet.
Mais le propos étant de mettre en lumière le double standard moral d'une certaine gauche européenne, ces aménagements n'auraient pas beaucoup de sens.
De plus, cette demande de corrections aurait valeur de précédent.
Je préfère, par conséquent, mettre un terme à ma collaboration.
Bien à vous,
Drieu
Voici le texte du billet que vous ne lirez donc pas dans le "Journal du Mardi" :
Castro, Pinochet : deux poids, deux mesures
par Drieu Godefridi
par Drieu Godefridi
La différence de traitement médiatique et politique entre MM. Castro et Pinochet est, de prime à bord, surprenante.
Pinochet. Dix-sept années de dictature. Trois mille morts arbitraires. Lorsqu'en 1990, le général Pinochet cède le pouvoir, le Chili a accompli les réformes économiques qui ont permis l'émergence d'une classe moyenne prospère et ont permis l'édification postérieure d'institutions démocratiques stables.
Castro. Quarante-sept années de dictature. Bilan provisoire : 9240 morts arbitraires élucidées à ce jour (source : "Cuba Archive Project"). Cuba est aujourd'hui l'un des Etats les plus pauvres de la planète, incommensurablement plus pauvre que lors de l'accession au pouvoir de M. Castro, et il s'appauvrit chaque année. Quand M. Castro voudra bien quitter le pouvoir, il laissera un pays en ruines.
L'arbitraire me répugne et se situe à l'exact opposé de l'idéal de la Rule of Law qui est le mien. Mais j'ai du mal à comprendre en quoi un cadavre cubain aurait en quelque façon moins de poids ou d'importance qu'un cadavre chilien. Or, force est de constater que si chacune des péripéties judiciaires de la famille Pinochet est l'occasion d'un déluge de dépêches des agences de presse, le régime Castro continue, quant à lui, de bénéficier d'une exceptionnelle complaisance dans les milieux politiques et intellectuels européens, jusque dans les plus hautes sphères de l'UE et au sein des rédactions de nombreux organes de presse qui ont pignon sur rue.
La raison de ce double standard moral est, en réalité, des plus simples : une partie de l'élite européenne voit en Fidel Castro la dernière incarnation héroïque du rêve communiste. Pourtant, le communisme a causé la mort de cent millions de personnes au XXe siècle et il a appauvri tous ceux qu'il n'a pas tués. N'est-il pas temps d'apporter notre soutien aux prisonniers politiques et au peuple cubains plutôt qu'à l'un des derniers avatars de l'une des entreprises les plus criminelles de l'histoire humaine ?
© Institut Hayek, 2006
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Mis à jour (Samedi, 25 Février 2006 18:30)
