Grippe ou grippette ?

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L'institut Hayek n'a évidemment pas vocation à se prononcer sur la gravité, ou non, d'une épidémie de grippe, ou de toute autre maladie. Mais en revanche, les implications politiques de la situation sanitaire actuelle nous préoccuppent. Un correspondant de l'institut, le docteur Rudolph Cantor, nous a fait parvenir son appréciation de la situation, laquelle est également partagée par nombre de praticiens que nous avons interrogés par ailleurs, ou qui s'expriment sur internet. Chiffres à l'appui, il estime que les gouvernements ont tort de sur-réagir, et que cela porte en germe, si l'on peut dire, une perte de confiance des populations vis à vis des organismes de santé officiels, perte de confiance qui sera dramatique le jour où une pandémie réellement dangeureuse menacera la planète. 

 
Avertissement : Naturellement, il convient à chacun de se faire une idée auprès de sources multiples, et le présent article ne saurait en aucun cas être considéré comme  tel ou tel conseil de la part de l'institut quant à la ligne de conduite que chacun peut choisir d'adopter face au risque de contracter la maladie.
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Grippe ou grippette?
 
Docteur Rudolph Cantor

Cela fait maintenant quelque temps que l’épée de Damoclès de la pandémie de grippe A (H1N1) menace l’humanité, à en croire certains gouvernements et médias. Fort heureusement, nous sommes pour la plupart toujours vivants. Après plusieurs mois d’alertes en tout genre, entre propos alarmistes ou rassurants, il est temps de faire un petit bilan.

Commençons peut-être par une explication succincte de données épidémiologiques de la grippe saisonnière, la “grippette” qui frappe nos pays chaque année sans faire la Une du JT chaque semaine.

Les statistiques de la grippe saisonnière ne sont pas connues avec précision mais il est estimé que 10 à 20 pour cent de la population américaine (environ 300 millions d’habitants) contracte le virus chaque année selon le Centre National des Maladies Infectieuses (NIAID), en ligne avec le chiffres du Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC) qui oscillent entre 35 et 50 millions de cas.  Certaines estimations sont même plus importantes. Parmi tous ces cas, plusieurs études ont estimé la mortalité due à la grippe saisonnière à 20000 à 40000 personnes par an, soit environ un patient pour 1000. Cette dernière estimation intègre les décès probablement provoqués par la grippe mais dont les malades souffraient d’autres maladies, qu’un état grippal aura contribué à dégrader.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime elle-même la mortalité annuelle de la grippe saisonnière entre 250 000 et 500 000 personnes par an.  Qu’en est-il avec la grippe A (H1N1) alors que l’on frôle l’alerte maximum au niveau institutionnel?

Le 11 août, un rapport de l’OMS  annonçait que 177.457 cas avaient été recensés dans le monde dont 1.462 fatals. Cependant un déclin de l’épidémie a été observé dans plusieurs pays de l’Hémisphère Sud où l’on est pourtant en pleine saison hivernale (Chili, Argentine, Australie, Nouvelle-Zélande)
Dans le dernier rapport, celui du 21 août, on reste dans les mêmes ordres de grandeur : 182.166 cas pour 1799 décès.

A priori, l’on pourrait se dire que par rapport aux chiffres américains de la grippe saisonnière, on est passé d’une mortalité approximative de 1 sur 1000 à 1 sur 100, justifiant le branle-bas de combat. Il est vrai que cela semble être le cas aux USA ou environ 500 personnes sont décédées. Mais à y regarder de plus près, les statistiques mentionnent qu’il a déjà eu plus de 32.000 cas en Europe pour seulement 53 décès, soit un ordre de grandeur proche de 1 pour 1000. Il faudrait avoir un peu plus de recul pour analyser ce qui pourrait expliquer cette différence. L’obésité (BMI >30), par exemple, constitue une comorbidité associée dans 23% des cas aux Etats-Unis. En Europe, les statistiques ne s’écartent pas significativement de ce que l’on pourrait attendre d’une grippe saisonnière banale. L’une des principales différences étant la plus grande fragilité relative des jeunes enfants et jeunes gens au virus A (H1N1).

Au-delà de la seule querelle de chiffres, les implications de ces statistiques sur les plans d’action et les décisions des gouvernements sont sérieuses. Les plans de gestion du risque pandémique en cas d’alerte maximale prévoient dans certains pays des mises en quarantaine, des vaccinations obligatoires.

Aux USA, un décret du 17 juillet 2009, signé par La secrétaire d’Etat à la santé, Kathleen Sebelius, accorde une immunité judiciaire aux fabricants de vaccins contre la souche A (H1N1), que le gouvernement justifie par l'urgence de son développement, ce qui n'est pas de nature à donner confiance quant aux effets secondaires possibles de ces vaccins.

Déjà en 1976, plus de 40 millions d’américains avaient été vaccinés contre une épidémie de grippe porcine suite à un plan d'action sanitaire du gouvernement américain. Environ 500 cas de Syndrome de Gillain-Barré, une maladie  neuromusculaire, ont été imputés au vaccin à l'époque. La plupart des malades ont pu obtenir une compensation financière pour le dommage causé.

Même si les effets secondaires graves n’apparaissent que rarement, est-il justifié de garantir à l’avance une immunité à l’égard des producteurs de vaccins ?

Une alerte pandémique maximale pourrait même en théorie provoquer la mise en application de la National Security and Homeland Security Presidential Directive (NSDP 51) qui fait hérisser les poil à tous les défenseurs de la liberté outre-Atlantique. Cette directive prévoit qu’en cas d’urgence nationale, définie comme tout événement pouvant provoquer une mortalité très élevée, des perturbations ou dégâts considérables aux infrastructures, à l’économie, à l’environnement ou aux institutions gouvernementales… le pouvoir exécutif fédéral chapeautera les gouvernements étatiques, locaux, territoriaux et tribaux, ainsi que certaines entreprises et organisations privées afin d’assurer la continuité du pouvoir exécutif.

Il ne  semble pas justifié de déclencher une alerte juste un cran en dessous du niveau pandémique maximal dans nos pays, étant donné les statistiques précitées, ni de médiatiser chaque cas mortel en Europe comme s’il s’agissait de la fièvre d’Ebola. Tout indique que la grippe Mexicaine ne succèdera pas à la grippe Espagnole et que le virus A (H1N1) se rapprocherait plutôt d’une « grippette », pour reprendre les mots du Pr. Bernard Debré.

Continuons à préconiser la surveillance de l’épidémie, les mesures d’hygiène dans les entreprises et surtout dans les écoles (puisque cette souche vise particulièrement les plus jeunes), mais faisons retomber la fièvre de la pandémie. Sans quoi, quand une véritable pandémie frappera à nos portes, la population risque de ne plus la prendre au sérieux, après avoir entendu les politiques crier vainement au loup à plusieurs reprises.


©2009 -  Docteur Rudolf Cantor & institut Hayek
Lire également (liens ajoutés par l'institut): 
Dossier Grippe de l'OMS
Futura Sciences sur la mise au point du vaccin
Point de vue du docteur Marc Zaffran pour Passeport Santé
 

Mis à jour (Jeudi, 03 Septembre 2009 22:44)

 
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